PLAYLIST DU MOMENT

Le temps estival tire à sa fin, les premières pluies et les températures ambiantes descendantes nous invitent à nous lover dans un cocon musical protecteur. A l’image de cette playlist automnale, je vous propose des artistes pour lesquels mon coeur a battu plus vite, en écoutant leurs compositions, en français et en anglais, avec ce petit truc en plus qu’on appelle l’émotion. A écouter sans modération d’une seule traite. La liste des artistes et des titres des chansons sont disponibles ci-dessous.

Liste des Artistes de la Playlist Automne :

  • Bernhoft – Opinionate / Nouvel album « Dancing on my Knees » disponible
  • Gaël Faure – Renoncer / Nouvel EP 5 titres « L’eau et la Peau » disponible
  • François-Henri – Nouvelle Ville / Premier EP 6 titres « Nouvelle Ville » disponible
  • Claire Hardy – PTN
  • ELLES – Cherokee Louise / Album « Tangerine Moon Wishes » de Sandra Nkaké disponible
  • Jon Batiste & Abi Bernadoth – We Are (Montmartre Remix) / Nouvel album « We Are« 
  • Gunwood & Guests (live) – Going Down cover (Freddie King) / Album « Traveling Soul » disponible
  • La Chica – Agua / Premier album « La Loba » disponible
  • AURUS – KUHU / Premier album « Chimera » disponible à partir du 24 septembre 2021
  • Piers Faccini – Levante / Nouvel album « Shapes of the Fall » disponible
  • Tingsek – Family / Nouvel album « Home » disponible
  • Samara Joy – Stardust / Premier album « Samara Joy » disponible

NOUVELLE VILLE PAR FRANCOIS-HENRI

Ca fait plus d’un an que je n’avais plus retrouvé ce feu sacré, cette envie si prégnante de succomber aux sirènes d’une musique qui ferait chavirer mon cœur et mes sens. Je dis bien, j’avais. Jusqu’à ce soir où affalée devant mon écran, les notes d’un piano blanc ont ravivé petit à petit mon palpitant et m’ont extrait de cette torpeur immonde qui m’avait noyée pendant des mois sans pouvoir bouger une oreille. Le déclic est venu de cette phrase : « je pense qu’il est temps de ne plus chercher des excuses ». A priori cet artiste n’a rien de ce que j’écoute habituellement, mais il a réveillé en moi  quelque chose qui me donne à nouveau l’envie d’avoir envie et d’envisager la vie différemment. Il a aussi ravivé des souvenirs enfouis qui au lieu de me faire pleurer, m’ont bouleversé. J’ai pris mon courage à deux oreilles pour aller plus loin et écouter ce que cet artiste avait à dire et à chanter et j’ai adoré. TOUT.

François-Henri dénote. Son EP « Nouvelle Ville » déboite. En six chansons, François-Henri arrive à m’embarquer dans un univers musical si familier, et si nouveau à la fois. Six compositions pour glisser avec délectation sur ces mélodies entêtantes et indélébiles  et trouver à ses textes des résonnances si organiques et intimes.

François-Henri est un artiste qui s’est cherché sans le savoir depuis plusieurs années. Après une jeunesse bien établie au Luxembourg dans la cité grand-ducale, il se glisse naturellement dans le moule qui lui était destiné au sortir d’une école de management. Jusqu’en 2015, il endosse le job  de dirigeant parisien de start-up super dynamique où le sens des affaires aurait dû lui procurer un sens à sa vie. Sauf qu’un piano dans une chambre peut ouvrir les yeux et donner envie de tout plaquer pour être musicien. Entre 2015 et 2017, François-Henri sévit d’abord dans l’univers electro du groupe Aglaska où il commet notamment Orion sur l’EP « Imaginaires de la Catastrophe » et avec lequel il fait quelques scènes parisiennes et des petits festivals.

La rencontre avec Baptiste Dedeyan, du label indé Tigrane Records, va changer la donne. Pendant 3 ans, ils vont développer ensemble « son » projet. En 2018, tout bascule : il attire l’attention du tourneur Auguri  (AngèleJainPhilippe Katerine) en jouant ses compositions à Paris (les Trois Baudets), et il se produit en première partie d’artistes comme Julien Doré  et  Marc Lavoine.

Pour construire son projet personnel, il fait appel au producteur Marlon B. (BrigitteJuliette ArmanetMatthieu Chédid) à qui il confie la réalisation et les arrangements de ses chansons, et à Séverin  l’écriture. Marlon B. est aussi un mentor, qu’il accompagne au piano auprès d’autres artistes. Comme le dernier album de Julien Clerc, « Terrien », sur lesquels il a fait les claviers.

Marlon B.

Si l’année 2021 est celle du déconfinement pour beaucoup, pour François-Henri, c’est la concrétisation de son projet par la sortie de son  EP « Nouvelle Ville » le 18 juin dernier, après la publication de 3 singles. Désigné Artiste France Bleu « Révélation 2020/2021 », François Henri décide d’affirmer ses choix et d’illustrer ses influences musicales (Serge Gainsbourg, Véronique Sanson) dans cet opus où il assume enfin de changer de vie pour un champ des possibles dans la musique avec un grand M et la chanson française en particulier.

A l’orée de la nouvelle garde de la chanson française que sont  Clara Luciani et Juliette Armanet qui embrassent l’héritage des Françoise Hardy, William Sheller, Michel Berger et consorts, François-Henri est leur pendant au masculin. Il interprète au travers de ses 6 chansons, son amour viscéral aux mélodies des années 80 incarnées par ses pygmalions. Comme eux, il est à la fois  chanteur, compositeur, pianiste et interprète avec le piano pour fil conducteur. Il glisse ses pas dans une sensibilité rémanente, décomplexée, mélancolique et dansante en adoptant les intros pianistiques et les rythmes groovy et entraînants de ses ainés. Il y mêle les sons de synthés ou d’envolées symphoniques comme un lien invisible avec ses contemporains.

La filiation naturelle avec Michel Berger et Véronique Sanson est bien présente, non pas comme une ombre dérangeante mais comme des parents spirituels auxquels il rend hommage et reprend la suite comme une évidence. Il suffit d’écouter l’EP et en parallèle les chansons comme «  Prince des Villes », « Ca balance pas mal à Paris », « Mon piano danse », « Vancouver », pour s’en rendre compte. En fermant les yeux, sa voix perchée aux accents Bergerien et aux petits cris Chédidiens fait frissonner comme une réminiscence d’un passé musical désiré et sublimé.

Côté texte, François-Henri délivre une intimité surprenante à qui veut bien la décrypter. D’abord   la furieuse envie d’en sortir et le changement de vie assumé sans regrets dans  « Nouvelle Ville », que tout ce qui brille n’est pas la vraie vie et le refus des codes  dans « Bombay Sapphire », le souvenir triste et mélancolique d’une déception amoureuse et de ses promesses mensongères dans « Nos Initiales » , les affres de l’insomnie symptomatique d’une rupture amoureuse  obsédante dans « Nuit Blanche », et enfin et surtout, sa fuite en avant cathartique d’exilé de sa forteresse Luxembourgeoise  dans « Gibraltar ».

A 28 ans, François-Henri veut que sa musique marque les esprits : il adopte une identité visuelle très marquée dans  un espace sophistiqué et intemporel dans ses vidéos. Il joue dans des décors esthétisants et épurés où l’on ne distingue que son costume aux couleurs pastels, son look impeccable et son brushing indémodable, accroché à son piano blanc omniprésent  comme un cœur palpitant. Autant de tableaux cinématographiques intimes qui correspondent en miroir aux six chansons sensibles et vibrantes de François-Henri.

Cet artiste  aux mille nuances exprime à la fois un grain de folie energique, une mélancolie touchante, un imaginaire musical fantasmé et une dimension artistique chatoyante dans son opus Nouvelle Ville. Ce qui le définit vraiment, c’est son piano. Quand il performe en live, son instrument est le prolongement naturel de ses doigts, de son bras, de son être. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir cette symbiose avec le clavier, qui le transforme, annihile sa timidité naturelle, qui le transporte et le fait tenir debout.

Pour découvrir l’univers de François-Henri, vous avez le choix :

  • En entretien sur Tsugi Radio, dans lequel il parle de la genèse de sa musique, de son parcours musical, ses influences musicales et bien sûr de la scène et de ses futurs concerts. Le podcast est à écouter ICI.
  1. Nouvelle Ville
  2. Bombay Sapphire
  3. Nos initiales
  4. Parler à personne
  5. Nuit Blanche
  6. Gibraltar
  • Sur l’écran de télévision, dans l’émission « The Artist » animé par Nagui sur France 2 le Vendredi à 22h40 , dans laquelle il a interprété Nouvelle Ville. Vous pourrez voter pour soutenir sa musique en direct (sur la page Instagram The Artist).

Bref, vous n’aurez aucune excuse pour ne pas succomber à la musique de François-Henri !

Sly ‘MIC BUDDHA’ JOHNSON, LE RETOUR

En ces temps de confinement, de déconfinement et de reconfinement réguliers à cause d’un virus qui fige la planète entière sans distinction de race, de religion ou de genre, la musique reste la valeur refuge dans laquelle chacun peut trouver du réconfort, des émotions aussi fortes que la kinésthésie la plus folle, et l’espoir d’une vie au long cours bien loin des gestes barrières si bien nommés. Même enfermée dans mes mètres carrés, la musique a ce pouvoir cher à mon coeur, celui de nous faire évader et de retrouver une liberté émotionnelle, sensuelle, extraordinaire qu’aucun gouvernement ne saurait nous retirer.

Les artistes privés de leur mode d’expression favori, c’est à dire, le concert, le festival, le set intimiste ou le live démesuré des stades, trouvent des moyens de survivre, de ne pas rompre le lien avec son public à travers le Live Streaming. Après les lives confinés en appartement, la profession s’organise et s’adapte aux protocoles sanitaires gouvernementaux. Et ca fonctionne ! Comme tant d’autres, je suis retournée masqué, gel hydroalcoolisée, gestes barrièrés voir mes artistes favoris dans mes salles de concerts favorites même si les temps a été raccourci, les premières parties disparues, et le pied de grue retrouvé avant l’ouverture des portes. A nouveau reconfinée, les partenariats se multiplie entre salles et artistes, les artistes trouvent d’autres voies de live streaming au travers de plateformes digitales. Personnellement, je préfère les lives streaming dans les salles de concert en direct avec de vrais musiciens voire dans les rues à l’ancienne et pas des shows marketés mondialisés avec des danseurs pailletés, des applaudissements enregistrés et des jeux de lumières aveuglants.

C’est comme ça, que j’ai pu assister à des concerts au plus près de ce qu’ils ont toujours été, un contact privilégié, sans artifices, et organiques. J’ai choisi de mettre en avant le dernier que j’ai eu à entendre, celui de Sylvère Johnson, aka Sly Buddha Mic Johnson, ce génie de la beat box vivante, chargée en soul naturelle et intense. A l’heure où la nouvelle génération d’artistes découvre et adapte son titre phare « Angela » du temps de Saian Supa Crew où il fût auteur, compositeur et interprète de ce groupe phare des années 2000, Sly Johnson avec 20 années de prestations musicales et discographiques impressionnantes, reste fidèle à ce qu’il est, sans dénaturer ou dévoyer sa musique aux sirènes du marketing ambiant.

Sly Johnson - ©Alexandre Lacombe
Sly Johnson – ©Alexandre Lacombe

Je me souviens de sa première Cigale en Octobre 2018, mon coeur avait été soulevé littéralement par son concert. Sa voix soul, sa culture hip-hop, démultiplié par ses talents incontestés de beat-box, m’avaient littéralement fait décoller de mon siège. Sly Johnson est également un artiste dont le mot partage n’est jamais vain à l’image de ses nombreuses collaborations (Camille, Erik Truffaz, Oxmo Puccino, Ayo, Lucky Peterson, Jacky Terrasson…).

Aujourd’hui, plus exactement fin Octobre, il a annoncé un nouvel album dont il a dévoilé sur les réseaux sociaux son nom « 55.4 », pour 55 jours d’écriture, 5 mois de mixage et qui deviendra son 4ème album solo. Il a convié ses fans, les Slyers, à venir en écouter quelques sons en exclusivité. Avec le Théatre de la Ville en partenariat avec les 3 Baudets, il s’est offert l’écrin de l’espace Cardin du Théatre pour une heure de Live en Direct ce Lundi 9 Novembre 2020.

Accompagnés de ses supers musiciens, Anthony Jambon à la guitare et Laurent Salzard à la guitare basse, il nous a offert avec une extrême générosité, une musique tellement riche en émotions, et embarqué dans son univers musical au carrefour du hip-hop et du funk dont il est l’un des maitres incontestés en France. Sa présence solaire, ses performances vocales riches, sa maîtrise parfaite de son looper au service de la basse et de la guitare, se déroulent de façon majestueuse sur un rythme chaleureux, un groove irrésistible qui nous fait traverser l’écran au plus près du fantastique artiste qu’il est. Cette virtuosité sans limite laisse pantois.

Le mieux est encore de l’écouter au travers du replay disponible sur You Tube pour ressentir au plus profond ces nouveaux sons, qu’il me tarde de découvrir sur sa nouvelle galette à venir.

Retrouvez Sly Johnson sur son site Web et les réseaux sociaux : Facebook /Instagram / Twitter / SoundCloud / YouTube